lundi 30 juin 2014

Rio, cité merveilleuse


Pour rejoindre Rio de Janeiro le 13 juin, nous traversons l'Etat du Minas Gerais et de Sao Paulo en dormant dans des fazendas, des restaurants routiers ou des stations service. Nous ne manquons pas de regarder les premiers matchs de la Copa avec les Brésiliens qui sont ravis de voir leur idole Neymar marquer autant de buts. Ebloui par ce joueur charismatique, Mahé veut se couper les cheveux pour lui ressembler. Nous sautons sur ce prétexte pour dégager front, nuque et oreilles de notre fiston devenu bien trop chevelu à notre goût. Merci Neymar !

 

Nous évitons les grands axes routiers et n'empruntons que de superbes petites routes bordées de champs de café, la BR 364, BR 153, BR 267 pour finir par la BR 040 qui descend vers Rio à travers la mata atlantica du parc national da Serra dos Orgaos.

Nous cherchons à garer notre camping-car à Nova Iguaçu pour être plus serein pendant notre séjour à Rio. 
Mais notre plan tombe à l'eau et nous n'avons pas d'autre choix que de rentrer dans la ville avec notre véhicule chéri alors que le soleil se couche à l'horizon. Les cerf-volants multicolores des quartiers modestes virevoltent au-dessus de nos têtes avec naïveté comme pour nous rassurer. 
Tout le long de la route, le Christ du Corcovado nous couve de son regard bienveillant en nous ouvrant les bras. Nous découvrons ainsi Bahia de Guanabara, ilha do Galeao, Avenida Brasil, Tunel de Santa Barbara et enfin Laranjeiras en tout début de nuit, finalement ravis de nous trouver tous les cinq, Grand Condor inclus, à Rio de Janeiro.
Nous nous garons incognito rua General Glicerio sous un magnifique arbre fleuri. 

Nous avons la chance d'être tolérés dans ce quartier chic car tous les camping-cars (essentiellement des argentins ou des chiliens venus pour la Copa) se font successivement virer des différents parkings par la Préfecture. 
Même le mythique parking du Pain de sucre bien connu des voyageurs est interdit aux maisons roulantes !

Nous séjournerons trois semaines dans l'appartement de Cristina que nous remercions très chaleureusement pour sa générosité. 
Après 6 mois de route dans 10 mètres carrés, ce logement en plein coeur de Rio représente pour nous tous un immense confort. Nous avons enfin le sentiment d'être totalement en vacances ! 


Nous visitons une grande partie de la ville à vélo, en métro, en bus et à pied.
Le métro est la meilleure solution pour se rendre à la plage. Nous y côtoyons des touristes en savates et des Cariocas en costume cravate.  
Les pistes cyclables bien organisées permettent de rejoindre tous les quartiers Zona Sul en quelques dizaines de minutes. Quel bonheur de pédaler le long de l'océan ! 


Renaud qui a passé une partie de son enfance à Rio redécouvre la ville avec beaucoup d'émotion :
"J'arpente mon quartier de la Farme de Amoedo à Ipanema et fais visiter à Séverine et aux enfants l'immeuble où j'ai vécu."
"Grâce aux réseaux sociaux je retrouve mes anciens camarades de classe, Ana Paula, Gabriela et Daniela. 30 ans après, les retrouvailles sont chaleureuses, il y a tant de choses à se dire."  

"Nous osons même rentrer dans notre ancienne école primaire pour visiter les salles de classe, la cantine et la cour de récréation !" 

"Rien n'a changé, sauf que tout est infiniment plus petit que dans mes souvenirs ! Delphée et Mahé peuvent ainsi imaginer à loisir la vie de leur papa au même âge qu'eux…" 

Au détour d'une rue de Laranjeiras, un tag sur un mur semble nous conforter dans nos croyances : "La meilleure manière de réaliser ses rêves est de ne jamais y renoncer". Poésie de la rue.


Nous sommes également accueillis par Celinha et Alain puis par Afonso et Marina, Cariocas depuis toujours. 
Ils nous font partager leur amour pour leur ville autour de caipirinhas bien fraîches. 


Les Brésiliens surnomment Rio la Cidade maravilhosa - la cité merveilleuse - et elle le porte bien. 
C'est une ville entourée par les "morros" (montagnes) et par la foret de Tijuca classée au patrimoine de l'Humanité. Immeubles, forêt et océan forment un équilibre parfait sous le soleil encore chaud du mois de juin.
Nous visitons le centre historique grâce à une jeune brésilienne du réseau "free walking tour" qui nous présente Rio sous un aspect très original, à l'image de cet escalier décoré par l'artiste Selaron et adulé par les touristes du monde entier.
Grâce à notre guide, nous apprenons aussi beaucoup d'anecdotes sur l'histoire de Rio depuis sa découverte jusqu'à aujourd'hui.


Evidemment nous ne manquons pas les classiques excursions du Pain de sucre en télécabine et du Corcovado en tramway. 

Les vues sont splendides mais l'affluence touristique est hallucinante, et pour cause, la planète entière s'est donné rendez vous à Rio ! 

La veille du match France / Equateur le 25 juin, le Corcovado est envahi de supporters français et même réunionnais : nous y rencontrons l'ancien handballeur Jackson Richardson qui nous emprunte le drapeau péi pour quelques photos.


La coupe du monde donne à la ville une ambiance de fête permanente. 
Les supporters avec leur maillots de foot colorés et leurs drapeaux sont partout, on entend toutes les langues dans la rue ou sur la plage. 

Certains n'hésitent pas à porter des chapeaux ridicules ou des tenues extravagantes : Renaud rencontre ainsi le Pape argentin sur le sable de Copacabana !

Les jours de match, les couloirs et les wagons du métro s'animent des trompettes et des chants tribaux des supporters prenant la direction du Maracana ou de Copacabana.  

De façon étonnante, nous ne ressentons aucune tension, les Brésiliens semblent ravis d'accueillir autant d'étrangers dans leur pays. La propreté est exemplaire, la sécurité totale et les transports urbains sans perturbations.
Nous mangeons souvent dans la rue ou sur la plage : croque monsieur, pao de queijo, pipoca (pop corn) et nous nous désaltérons de bières stupidement gelées, d'eau de coco, de jus pressés ou de caipirinhas.

Les plages de Copacabana et Ipanema font le bonheur des enfants, ravis de pouvoir retrouver leur biotope naturel : baignade dans les rouleaux et beach tennis, comme à la maison ! 


Bien évidemment, le football s'invite au premier rang des activités quotidiennes.
Le ballon bleu et blanc acheté quelques mois plus tôt à San Pedro de Atacama nous accompagne dans toutes nos sorties, au parc du Flamengo ou sur les plages de Botafogo et de Copacabana. Mahé se régale avec son papa ou des camarades de passage et fait d'énormes progrès.

video

Nous allons voir les matchs importants dans des restaurants brésiliens typiques ou nous nous mêlons à la population joyeuse et cosmopolite dans l'enceinte de la Fifa fan fest, cet écran géant sur la plage de Copacabana. L'ambiance est bon enfant malgré la foule et nous avons l'impression d'assister à un immense concert à ciel ouvert.


Pour mieux soutenir les Bleus, les garçons s'équipent du maillot FFF bleu nuit au col blanc et décident de se coiffer à la Giroud à grand renfort de gel ! Trop beaux !


Nous n'avons qu'une hâte à présent, pénétrer à notre tour dans le Maracana, l'arène mythique du futebol pour être au coeur de la fête !
Même le Christ rédempteur se colore à nos couleurs, blanc et bleu nuit !

mardi 17 juin 2014

En pleine nature avec Hervé


Petit flashback après cette parenthèse médiatique, actualité footballistique oblige !
Le 6 juin nous partons vers Chapadao do Ceu d'abord par la BR 163 surchargée en camions puis par la BR 060 déserte mais pleine de trous ! Finis jungles et marécages, nous traversons les prairies, les champs de canne à sucre et de maïs à perte de vue.
Nous atteignons l'Etat du Goias, l'un des 8 Etats brésiliens traversés au cours du voyage.
Renaud doit y retrouver son cousin Hervé qui vit à Brasilia depuis 1991. Ils ne se sont plus vus depuis 12 ans !
La pousada des retrouvailles est située dans une réserve privée, la Pausada dos Araras, à coté du Parque nacional das Emas.
Les tarifs sont assez élevés, mais il faut bien l'avouer, cet endroit est magnifique : source naturelle d'eau crystaline en plein milieu de la forêt, immense terrain engazonné où les enfants se défoulent à loisir, faune exotique, sentiers pédestres. Nous restons deux jours et deux nuits à profiter d'Hervé et de la nature.


Hervé est passionné par la faune et la flore brésilienne. Il nous impressionne car il connait le moindre spécimen d'arbre et le moindre cri d'oiseau.
Mahé écoute avec attention les conseils d'identification des espèces et se réfère aux beaux dessins d'oiseau dans les livres que lui présente son grand oncle. 


Le premier soir, nous faisons une expédition nocturne avec les lampes dans la forêt pour essayer de surprendre des animaux rares. 
Les enfants adorent cette ambiance obscure à écouter les bruits sauvages de la nuit. 
Nous ne voyons pas le puma tant recherché mais tombons sur des empreintes de tapir et immobilisons un renard des savanes dans notre faisceau lumineux. 
S'approcher en silence des yeux fluorescents dans la nuit est une expérience inoubliable. 
De jour dans la forêt sèche (mata seca) caractéristique de cette région du Brésil, nous observons des cancãs capables de multiples chants, des saracuras, des araçari castanho (petits toucans), des petits mammifères (coatis et cutis) et même un couple de mutums, un oiseau mythique pour les ornithologues.



Nous faisons deux randonnées en pleine nature pour aller admirer des peintures rupestres et découvrir de magnifiques points de vue.

Il nous faut parfois nous glisser dans des failles de quelques centimètres pour se rendre aux sites les plus intéressants.
Humpf !

De plus nous devons faire silence en passant en proximité des nids de guêpes qui sont hyper agressives aux dires de notre guide.

Les dessins peints sur les falaises ont été réalisés avec un pigment rouge par des tribus indiennes il y a plus de 11.000 ans. Elles représentent des traces de pas, des reptiles et les fameux aras.

Au coucher du soleil un Jao, sorte de perdrix tropicale, chante à intervalles réguliers dans les bois à la recherche d'un congénère. Hervé se met à lui répondre pour engager littéralement un "dialogue" avec l'oiseau !
Les enfants sont enchantés par le retour à la pousada de nuit car nous devons descendre un long moment parmi la végétation, entre rappel et pont de singe. Il s'agit de bien s'accrocher et d'éviter de mettre les mains sur les araignées !


Nous remercions Hervé de nous avoir fait découvrir ce lieu magique et lui donnons rendez vous au Maracana le 4 juillet en espérant que les Bleus arriveront à se qualifier pour ce 1/4 de finale !